jeudi 14 février 2013

Sur la dernière réunion du Comité Central de SYRIZA

Un texte publié sur rproject, toujours à propos des débats en cours dans Syriza.

Le site belge Avanti met en ligne une synthèse sur le même sujet.




Session du Comité Central de Syriza : un message envers les oscillations politiques

Le week-end des 2 et 3 février, s’est tenue la session du CC de Syriza, qui a majoritairement approuvé un document de résolution politique. Le texte de la résolution, la majorité des interventions, ainsi que la réunion du secrétariat qui l’a précédée, se trouvent sur la même longueur d’onde : la nécessité d’une réorientation à gauche de la « marque » qu’imprime Syriza ces derniers temps, en particulier avec les initiatives à l’étranger et les déclarations et interviews du président.

C’était déjà devenu clair depuis le discours du président au début du processus, et cela s’est répété par la suite de façon relativement claire par l’engagement à renverser le mémorandum par la loi au Parlement dans l’hypothèse d’un gouvernement de Syriza, en évitant les modalités d’alliance avec le centre gauche et la droite populiste, qu’il avait évoqué la fois précédente.  

Cependant, son discours était une fois de plus délibérément plus vague que la proposition du secrétariat lui-même au CC, laquelle revenait au moins explicitement en arrière sur la tactique envers les créanciers, avec la position « aucun sacrifice pour l’Euro » et se référait au « gouvernement de gauche ».

Le ton favorable à une critique de gauche a été donné par les dirigeants de la Plateforme de Gauche, qui ont défini les points et le cadre des réorientations nécessaires et le cas échéant du retournement de l’image que Syriza a envoyé d’elle-même à l’opinion publique dans ses positionnements publics ces derniers temps.

Le texte-cadre de la Plateforme de Gauche a été distribué aux membres du CC avec sa contribution, sous la forme de 8 points : gouvernement de la Gauche avec un rejet clair de toute collaboration avec le centre-gauche et la droite populiste, demande d’un fonctionnement collectif et démocratique, rejet ferme des privatisations et engagement de nationalisation des banques et des grandes entreprises stratégiques, refus d’établir une distinction positive entre le FMI et l’UE, critique des voyages du président, annulation des mémorandums et résiliation des conditions contraignantes des accords de prêt, aucun sacrifice pour l’Euro, nécessité d’une seconde vague de radicalisation de Syriza.  

Les quatre premiers points ont été soumis au vote sous forme d’amendements et ont été votées par une minorité élargie par rapport au nombre de membres de la Plateforme de Gauche excepté le point concernant les privatisations, qui a été adopté à l’unanimité sans être voté.

En fait un nombre important de membres de toutes « tendances » ont préféré s’abstenir de voter en signe de protestation envers la ligne centriste, sans toutefois opter pour un positionnement clair.

Rien de tout cela n’a constitué une surprise, dans la mesure où étaient arrivés en tête de nombreux positionnements, au-delà des cadres de la Plateforme de Gauche, des cadres provenant d’ANASA, ainsi que de EKM, qui critiquaient clairement des choix de l’équipe de direction, parfois avec acidité, pour un nécessaire et immédiat changement de ligne et une réorientation de celle-ci vers la gauche, principalement sur les questions de fonctionnement démocratique et collectif, l’objectif du gouvernement de Gauche et l’opposition déterminée aux attaques du gouvernement d’extrême-droite. 
Les dirigeants des organisations qui se sont exprimées publiquement sur le site Rproject (APO, DEA, Kokkino) ont mis en avant par des critères clairs, mais aussi par de nombreux exemples, la nécessité que Syriza défende les espoirs de la société et des travailleurs-ses qui sont nés de la période des dernières élections, en restant constante et en adoptant les choix politiques et organisationnels qui peuvent soutenir efficacement, d’une part les résistances sociales et ouvrières, et d’autre part les idées et les valeurs de la gauche dans une période caractérisée par l’offensive d’extrême-droite « coup de poing » menée tous azimuts par le gouvernement de Samaras contre la société et la gauche.

Ils ont affirmé que Syriza ne doit pas reculer, spécialement dans une période sociale et idéologique aussi aigue, sur ses positions radicales et ses bases idéologico-politiques, et qu’elle doit assumer de façon résolue sa responsabilité en termes de soutien mais aussi de construction des résistances et les mouvements.